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Carnet de voyage mis en mots...

Ajanta et Ellora

En 1817 quelques soldats britanniques chassant le tigre ont découvert par le plus grand des hasard une collection de cavernes abandonnées dans un ravin ayant une forme d'un fer à cheval non loin d'Aurangabad. Elles sont actuellement sur le point de fermer pour les préserver et seront remplacées par une copie du site comme pour Lascaux. C'est donc une chance d'avoir pu admirer les peintures célèbres originales des grottes temples d'Ajenta. Les sculptures et les peintures dans les cavernes décrivent en détail la vie de Bouddha. On trouve également représenté sur les murs la vie de l'époque : scènes de la cour des rues, de la vie domestique et même des études d'animaux et d'oiseaux. les caves se divisent en deux phases distantes de 400 ans. Ces deux phases architecturales coïncident avec deux représentations de la pensée bouddhiste: le Hinayana ( ancien) où Bouddha a été représenté seulement dans des symboles comme le stupa, les empreintes de pieds ou le trône et le Mahayana qui lui n'a pas hésité à donner à son seigneur une forme humaine. Les peintures d'Ajanta servaient à renseigner les pèlerins les vies et les incarnations variées de Bouddha. Les peintures offraient alors des supports didactiques aux moines pour leurs étudiants, elles étaient donc un support de transmission de la connaissance. voire bien plus.

En effet, elles étaient le miroirs de la vie contemporaine des palais, cour, ville, village.... Les œuvres picturales sont réalisées sur un mélange d'argile, de poils d'animaux et de bouse de vache.

Les peintures murales n'ont pas de cadre et elles semblent couler, s’échapper voire courir d'un mur à l'autre. La vie de la composition réside dans la liberté de position des silhouettes. Comme l'espace disponible ne semble avoir aucune restriction cela a permis au peintre une réelle liberté d'orientation de son sujet.

La lumière à l’intérieur des cavernes est très faible et il faut faire travailler ses bâtonnets pour découvrir au fur et à mesure que notre œil s'adapte à la maigre lumière ces beautés...On papillonne du regard curieux de découvertes.Les nuances de peintures voulues par l'artiste attirent nos yeux sur des personnages centraux, les détails se sublimant en douceur par la suite . Nous découvrons donc ces peintures avec la même luminosité dont a disposé le peintre. Seuls quelques chanceux rayons pénètrent les cavernes, ils dévoilent au fur et à mesure de la journée des détails différents. Plusieurs méthodes ont été adoptées par les peintres. La lampe à huile, les miroirs et même des trous naturels dans le sol que l'on remplissait d'eau pour augmenter la réflexion de la lumière. Au final Ajenta définit un équilibre parfait entre le monde matériel et l'énergie spirituelle.Les peintures sont une réflexion sur la complexité de l'homme. On voit que dans ces fresques il n'y a pas de signes de douleur de désespoir sur les visages. Les peintures projettent un monde transfiguré dans l'image des valeurs bouddhistes.

Les temples et cavernes d'Ellora sont situés à une distance d'environ 28 km de la ville d'Aurangabad. C'est une des plus belle expression de l'art du moyen âge indien. Le site est inscrit au patrimoine de l'UNESCO. Ellora est non seulement une création artistique et un exploit technologique sans précédent mais aussi le symbole de la tolérance religieuse de l'Inde ancienne car ses sanctuaires sont dédiés au bouddhisme à l'hindouisme et au jaïnisme. Les cavernes ont littéralement été construites en creusant les montagnes et en écartant plusieurs tonnes de rochers. Ellora a toujours été un Véroul ( lieu de culte) et attire les pèlerins depuis des siècles. les cavernes sont connues pour leurs sculptures que l'on découvre en empreintant un boyau, un vieil escalier , en se glissant entre deux passages rocheux étroits à moitié dans le noir avant de déboucher sur ses salles vastes et ornées.ou sur des succession de colonnes où l'on découvre un Nandi bull ( Vache sacrée) dont la croupe est polie par les mains des dévots. Une ambiance un peu comme à Pétra ( Jordanie) pour les plus beaux temples. On se sent si petit face à tant de montagne déplacée et ciselée...On se dit que rien n'est impossible à l'homme et que l'art reste un langage intemporel. Je photographie remplie de ces émotions.

By Céline Gilet

Le quartier des faiseurs de camions: Sanjay Gandhi 

Sanjay Gandhi transport Nagar est un incroyable endroit tout au nord de la ville déjà très étendue de Delhi. On y qui respire la testostérone, la graisse mécanique, les solvants la poussière qui ne retombe jamais....Ici on construit, peint, retape des trucks....Ces fameux camions qui sillonnent les routes chaotiques de l'Inde et allument les paysages par leurs maquillages outranciés et leurs pompons bienveillants. Ils sont personnalisés à l'extrême par des artistes en haillons....un voyage hors de tout ce que l'on connait.

Les robes intérieures de ces mangeurs de bitume se font gainer à même le sol grâce à des mains de fées épaisses et charpentées dévoués à cette tâche depuis des générations. Ainsi les graisseurs de moteurs enduits jusqu'aux coudes côtoient les peintres armés de pistolets pulvérisant les estomacs gigantesques de leurs montres roulants. Des carcasses de cabines esseulées ressuscitent aux mains de mécaniciens en grappe. Les roues empilées en châteaux virils sont transportées à mollets d'homme. La ferraille que l'on croit abandonnée jonche un sol où rien ne semble être posé au hasard. S'offre face à moi un décors fourmillant et puant où tous finissent par peiner à respirer un air saturé de molécules chimiques . Et là, au milieu des chiens calmes posés en boule, des hommes assis en équilibre comme des moineaux, les fesses à quelques millimètres du sol, des échoppes de ChaÏ parfumé crasseuses, dans ce chaos masculin j'approche des regards d'une virilité et d'une sensualité déroutantes. Je photographie remplie de ces émotions.

by Céline Gilet

Bénarès la sainte et mourir à Varanasi

Bénarès (Varanasi) est la capitale religieuse de l'hindouisme du boudhisme et du judaïsme. Mille cinq cent temples en villes sont dédiés aux dieux hindous.

Pour moi, elle est un cœur qui bat....Elle se vide puis se remplit au gré des célébrations. Elle pue la vie et célèbre la mort. Elle vous embarque aux rythmes de son pouls, vous séduit, vous saoule de chants, vous sature auditivement et olfactivement de klaxons, de vapeurs d'encens, de meuglements, de slaloms entre les bouses fraîches, les chèvres qui cabriolent agilement.

Elle vous submerge et vous dévore complètement ou partiellement selon ce que vous êtes venus y trouver.

Cette ville est lumineuse, c'est un miroir vivant agité par les hommes et les femmes qui s'immergent avec une dévotion mystique en son Gange sacré.

Bénarès affûte les sens comme nulle part ailleurs, ils sont à vifs, elle consume les corps en laissant échapper tellement de vie, de ferveur aux alentours que cela vous bouscule fort en dedans mais vous laisse ce que n'étiez pas venus y chercher : une surprenante quiétude intérieure.

Mourir à Varanasi ou le rituel de la crémation de 200 à 300 corps par jour.

Je n'ai jamais vu la mort flirter avec la vie à ce point, en ce lieu du Ghat de Manikamika. Une expérience personnelle particulière difficile à exprimer sauf à rester factuel.

La crémation est un rituel sacré et très codifié qui demande aux familles une véritable participation physique psychique et financière. Il existe six catégories d'êtres vivants ne pouvant prétendre à l'incinération: les nouveaux-nés, les femmes enceintes, les vaches, les lépreux, les sadhûs ou saints hommes et les victimes de morsures de cobra.

Tout commence par un bain dans le fleuve sacré du défunt. Son corps est drapé d'un linceul coloré et recouvert de fleurs puis on le laisse sécher quelques heures.

On prépare ensuite le bûcher de 200 kg de bois à environ 3,50 euros le kg....une véritable petite fortune pour de nombreuses familles. Bon nombre d'entre elles n'arrivent d'ailleurs pas à se procurer la quantité de bois suffisante pour alimenter le feu durant les trois heures nécessaires à la combustion d'un corps. La famille si ce n'est pas le cas est donc obligée de rejeter les parties non consumées du défunt dans les eaux du Gange.

Pendant que le bûcher est mis en place, le fils aîné, l'oncle ou le frère du mort doit s'habiller en blanc (couleur de la mort). Il se rase lors d'un rituel spécifique les cheveux, sa moustache ou sa barbe et ne peut garder d'une toute petite mèches sur l'arrière du crâne. Enfin le corps est disposé délicatement sur les bûches. le fils aîné entame alors 5 à 10 tours autour du défunt en récitant des mantras (prières).

Puis vient le moment le plus brutal pour des occidentaux. le fils aîné fracasse le crâne du défunt à 5 reprises. Cet acte a deux significations, l'une très spirituelle est de permettre à l'âme de s'échapper du corps, l'autre plus pragmatique est de faciliter la combustion du crâne sans que celui-ci n'explose sous la pression.

Ce n'est qu'après tout ce rite que l'homme de la famille peut embrasser le bûcher à l'aide du feu sacré.

Aucune odeur ne se dégage spécifiquement des corps seulement celle de la fumée et une chaleur intense si l'on passe à proximité.

Prendre des photos des ghats de crémation est interdit de près cela est autorisé depuis les bateaux de pèlerins.Je photographie remplie de ces émotions.

by Céline Gilet

 Etre branché à Shahpur Jat

Shahpur Jat est un quartier labyrinthe où des ruelles étroites exhalent une vie à tous les étages. D'incroyables soieries brodées pendues sur cintres attendent leurs princesses indiennes en vitrine et les magasins branchouilles, petits cafés tendances rassemblent la chineuse avertie mais égarée ainsi qu'une jeunesse bouillonnante. On est dans l'air du temps , dans le pouls de Delhi....mais si on se perd c'est là qu'on découvre sans chercher de merveilleux trésors de l'autre côté du miroir.

by Céline Gilet